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Bilan 2016 ou comment est-ce que je fais pour continuer à recommander des produits animaux

Le temps est venu de faire mon bilan de l’année puisque c’est ce que tout le monde fait à la fin d’une année et je suis originale comme ça moi.

Lorsque j’ai débuté mon blogue La végé d’à côté en septembre 2015, je ne savais pas trop où je m’en allais avec ce projet. J’étais végétalienne depuis peu et j’avais envie de l’annoncer à la terre entière. Combiner ma profession de nutritionniste et mon nouveau mode de vie m’a semblé être une bonne idée et mon objectif fut de montrer aux gens qu’il était possible d’être végétalien et être en santé.

Je n’aurais jamais cru que mon petit projet de rien du tout m’aurait permis de faire la connaissance de merveilleux véganes et de contribuer au livre d’Élise Desaulniers, Le défi végane 21 jours (qui vient de remporter le prix du meilleur vegan cookbook canadien dans le cadre des Gourmand Adward, OMG) ainsi que d’autres superbes collaborations.

Avoir le privilège de jouer un rôle dans la transition vers le végétalisme des gens est une des expériences les plus gratifiantes de ma vie. Évidemment, il y a des moments moins glorieux où tout ce que j’avais envie de faire est de tout lâcher et de me transformer en ermite jusqu’à la fin des temps. Devoir se battre contre des supposés « spécialistes de la nutrition », se faire juger par les non véganes, se faire juger par des véganes… Comment peux-tu continuer à travailler avec des omnivores et à émettre des recommandations nutritionnelles qui incluent des produits animaux ? La première fois qu’on m’a posé cette question, je suis demeurée bouche bée. Je me sentais comme un imposteur : comment pouvais-je ne pas recommander la meilleure alimentation autant pour la santé que l’environnement, sans parler d’éthique à mes patients ?

En effet, j’ai débuté ma pratique privée pour rencontrer des clients végéta*iens et combler mon envie de jaser de véganisme à longueur de journée. Par contre, lorsque je pratique en milieu hospitalier, je fais face à une autre réalité. Mes patients sont généralement malades et provenant de milieux défavorisés. Certains ne consomment même pas 5 fruits et légumes différents et ne connaissent pas l’existence des légumineuses. Leur répertoire alimentaire est composé de pain, de pâtes, de hot dogs, de viande hachée et de lait. D’autres ont de nombreuses restrictions alimentaires dû à leur condition médicale et certains ne peuvent même pas manger par la bouche !  En tant que nutritionniste, ma responsabilité est de déterminer le plan de traitement qui améliora la santé de mon patient tout en tenant compte des facteurs psychosociaux qui entourent l’individu. Lorsqu’on parle de santé, on ne parle pas de santé physique seulement, mais également de santé psychologique. Je pourrais recommander à mon patient qui n’a connu que des patates, de la viande hachée et du lait toute sa vie de délaisser les seuls aliments qu’il mange pour adopter le végétalisme. Est-ce que cela va améliorer sa santé physique ? Certainement. Est-ce qu’il va le faire ? Probablement pas. Par contre, si je lui suggère d’introduire un nouveau légume il va probablement le faire.

Ce ne sera qu’une mini victoire, mais qui sait, peut-être qu’après plusieurs suivis, il mangerait beaucoup plus de végétaux qu’à notre première rencontre. Peut-être que je ne changerais rien dans sa vie. Les changements d’habitudes sont complexes et l’être humain l’est encore plus.

Bref, une de mes résolutions (même si je n’aime pas ce mot) pour 2017 est d’accepter les minis victoires, de tenter de ne pas m’arracher les cheveux même s’il y a encore trop d’animaux qui souffrent et de me convaincre que mes gestes si petits qu’ils soient peuvent faire avancer les choses.

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Quel lait offrir à mon bébé?

Une des questions qui revient le plus souvent lorsque je parcours les forums de discussion sur le véganisme est : quel lait pourrais-je offrir à mon enfant une fois sevré? Ce questionnement est compréhensible puisque depuis toujours, on recommande d’offrir du lait de vache aux enfants une fois l’allaitement maternel cessé. Par contre, que faire lorsqu’on souhaite élever un enfant végétalien ?

0-12 mois

Allaitement maternel

L’allaitement maternel demeure le choix numéro un pour nourrir un bébé et il y a de nombreux effets bénéfiques à allaiter un enfant exclusivement les 6 premiers mois. Même après l’introduction des aliments solides, le lait maternel convient au bébé. L’allaitement peut se poursuivre tant et aussi longtemps que la mère le désire. Une mère végétalienne allaitante doit s’assurer d’avoir un apport adéquat en vitamine B12 et en oméga-3. Un supplément de vitamine D est recommandé pour le bébé.

 

Formule pour nourrissons à base de soya

Si  pour une raison quelconque l’allaitement n’est pas possible, vous pouvez opter pour une formule pour nourrissons à base de soya telle que l’Isomil, l’Enfamil soya ou le Alsoy. Ces formules ne sont pas 100% végétaliennes en raison de leur contenu en vitamine D3 provenant de la laine de mouton. Toutefois, elles demeurent les seules alternatives disponibles au Canada lorsqu’on désire éviter les produits du lait de vache.

En cas d’allergie ou d’intolérance au soya, il n’est malheureusement pas possible d’éviter les formules à base de lait de vache si bébé n’est pas allaité. En effet, les formules hypoallergènes sont constituées de protéines de lait de vache hydrolysées (pré-digérées).

Une formule végétalienne pour nourrissons à base de protéines de riz, Prémiriz, est disponible en France, mais difficile à se procurer au Canada.

 

12-24 mois

Boisson de soya

Le lait maternel ou la formule à base de soya sont adéquats pour le nourrisson jusqu’à l’âge de 2 ans. En fait, l’allaitement maternel est adéquat tant et aussi longtemps que la mère et le bébé le souhaitent. Cependant, dès l’âge de 1 an, la boisson de soya enrichie (version originale) peut être introduite. D’un point de vue strictement nutritionnel, cette boisson équivaut à peu près au lait de vache 2 %. Comme elle est un peu moins riche en matières grasses que le lait 3,25%, il est important d’inclure de bonnes sources de gras telles que l’huile d’olive, l’avocat, les noix et les graines dans l’alimentation de l’enfant.

Autres boissons végétales

Les autres laits végétaux ne sont pas assez riches en énergie, en protéines et en gras pour combler les besoins des tout-petits. Ils peuvent faire partie du menu de l’enfant, mais ne devraient pas y occuper une place trop importante.

Dans le cas d’une intolérance ou une allergie au soya, il est possible de combler les besoins du petit sans cette boisson. Il demeure toutefois important de consulter un nutritionniste afin d’ajuster l’alimentation de l’enfant en conséquence.

Les lait végétaux faits maison sont délicieux et constituent un choix sain et moins transformé, mais ils ne sont pas enrichis en vitamines et en minéraux. Il est possible d’en offrir à son enfant si on fait attention à son apport en calcium.

Des suppléments de vitamines D et de B12 sont recommandés chez les enfants végétaliens. Certains experts recommandent également des suppléments d’oméga 3 ADH.

24 mois et +

Après l’âge de 2 ans, les boissons d’amande, de lin, de coco, de chanvre et de riz peuvent convenir. Par contre, chez un enfant qui présente une croissance non optimale ou un faible appétit, il peut s’avérer nécessaire de garder un lait végétal plus riche dans son alimentation.

 

Donc, il est généralement possible d’élever un enfant en santé sans introduire le lait de vache dans son alimentation. Peu importe le type d’alimentation qu’on souhaite adopter, il demeure important de bien s’informer auprès des sources fiables et de consulter un nutritionniste au besoin.

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Bébé Végé

J’ai l’honneur de pouvoir vous présenter mon tout nouveau projet, Bébé Végé, en collaboration avec Les Folks. Ce projet qui rassemble alimentation végétalienne et yoga a pour but de promouvoir un mode de vie sain chez les femmes enceintes et les jeunes mamans. En s’inscrivant à Bébé Végé, nos clientes s’offrent 30 minutes d’atelier sur la nutrition suivi de 30 minutes de yoga avec une instructrice qualifiée en yoga pré/postnatal. Durant les ateliers de nutrition, j’aborderais différents sujets tels que l’alimentation végétalienne, les particularités chez la femme enceinte, les laits végétaux, l’introduction des solides, les enfants et le végétalisme, etc. Les sujets peuvent varier en fonction de la demande du groupe. Ce projet pilot va débuter dans Rosemont-Petite Patrie au parc Laurier, mais s’il y a de la demande, il y a possibilité d’élargir notre territoire pour les prochaines sessions.

Infos pratiques 

Quand?

Les mercredis du 21 septembre au 23 novembre

17h00 -18 h00 : Groupe postnatal

18h00 -19 h00 : Groupe prénatal

Où?

Au parc Sir-Wilfrid-Laurier (coin Mentana et Laurier E, à Montréal)

Comment s’inscrire?

À : contact@lesfolks.info

N’oubliez pas de regarder notre vidéo promotionnel

(ne vous fiez pas à mon air mi-terrifié, mi-bête : j’ai une peur bleue des caméras)

 

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Mais où sont tes protéines?

Depuis que j’ai cessé de consommer de la viande, je ne compte plus les fois où l’on m’a demandé où est-ce que je prenais mes protéines. Ce questionnement montre l’importance que les gens accordent à la consommation de produits animaux. Ceux-ci sont non seulement bons: ils sont aussi essentiels à la vie. En effet, on croit souvent qu’une alimentation végétalienne est susceptible d’engendrer des carences, particulièrement une carence en protéines. Pourtant, les aliments d’origine végétale regorgent de protéines et peuvent parfaitement combler nos besoins.

À quoi ça sert?

Les protéines jouent une multitude de rôles vitaux dans notre corps. Elles fournissent de l’énergie, jouent le rôle d’enzymes, servent à synthétiser des hormones, rentrent dans la formation des cellules et des organes de l’organisme, etc. De plus, un repas riche en protéines va nous soutenir plus longtemps et limiter les baisses d’énergie entre les repas et les collations. Pas étonnant qu’on tient tant à en avoir suffisamment!

C’est quoi?

En gros, une protéine c’est une chaîne de petits maillons qu’on appelle les acides aminés. Il existe vingt acides aminés qu’on sépare en deux groupes : les acides aminés non essentiels (le corps peut les fabriquer) et les acides aminés essentiels (le corps est incapable de les fabriquer donc on doit obligatoirement en consommer).

Chaque aliment contient des proportions différentes d’acides aminés et on dit d’une protéine qu’elle est complète lorsqu’elle contient tous les acides aminés dans la bonne proportion. C’est le cas pour les protéines animales ou le soya. Les légumineuses autres que le soya contiennent davantage de lysine, mais moins de méthionine contrairement aux grains céréaliers qui fournissent plus de méthionine que de lysine. C’est pour cette raison qu’il est nécessaire de consommer une variété d’aliments dans sa journée afin de combler ses besoins en acides aminés.

ProtéinesBesoins

Les besoins en protéines varient d’un individu à l’autre selon son âge, son sexe, son niveau d’activité ainsi que sa condition médicale. En général, un adulte en santé a besoin d’environ 0,8 g de protéine/kg de poids. La recommandation pour les végétaliens est légèrement plus élevée soit 0,9 g/kg afin de s’assurer qu’ils consomment suffisamment d’acides aminés essentiels.

Pour une personne ayant un poids de 65 kg, cela représente environ 59 g de protéines. Voici comment cette recommandation peut se traduire dans une journée :

Aliment  

Quantité de protéines

 

Déjeuner :

2 toasts de blé entier

2 c. à table de beurre d’arachide

1 banane

1 café

 

6 g

6 g

1 g

0 g

Collation

1 pomme

15 amandes

 

0 g

3 g

Dîner :

½ t de quinoa

½ t de pois chiches

½ t de maïs

1 tomate

1 pouding de soya

 

4 g

6 g

3 g

1 g

4 g

Collation

1 t de crudités

2 c. à table de hoummous

 

1 g

3 g

Souper :

¾ t de riz

Sauté de tofu avec 2 t de légumes et 85 g de tofu ferme

2 biscuits à l’avoine

1 t de boisson d’amande

 

3 g

17 g

2 g

1 g

Total : 61 g

Sources

Tel que démontré dans l’exemple de menu, les protéines se retrouvent un peu partout dans notre alimentation. Certains aliments tels que les légumineuses, le soya et ses dérivés, les graines, les noix et le seitan en sont plus riches et sont considérés comme étant les principales sources de protéines d’une alimentation végétalienne. Pour s’assurer de combler ses besoins en lysine, on vise minimum trois portions de légumineuses (incluant le soya et les arachides) par jour.

Pour un adulte, 1 portion correspond à :

  • ½ t de légumineuses cuites
  • ½ t de tofu ferme ou de tempeh
  • ¼ t d’arachides
  • 1 t de boisson de soya
  • 2 c. à table de beurre d’arachide

Tel que mentionné ci-haut, chaque type d’aliment fournit une proportion différente de chaque acide aminé.  Donc, on fait attention non seulement à consommer suffisamment de légumineuses, mais également à avoir une alimentation variée qui comprend divers grains céréaliers et des noix au quotidien. Il n’est pas nécessaire d’avoir tous ces aliments dans un même repas.

En résumé, les gens en santé qui mangent suffisamment ont très peu de risque d’avoir une déficience en protéines. Par contre, si la variété fait défaut dans leur alimentation, il pourrait y avoir un manque d’un acide aminé. De plus, il n’est pas nécessaire d’avoir une combinaison alimentaire particulière. Finalement, ce n’est pas la fin du monde si certains de nos repas sont moins riches en protéines (ex. : les hot-dogs à la carotte). Il suffit de compléter le repas avec un dessert plus protéiné ou de se rattraper au prochain repas.

Références

  1. Norris J, Messina V. (2011).  Vegan for life (1st ed). Boston, USA. Da Capo press .
  2. Santé Canada. Apports nutritionnels de référence – Valeurs de référence relatives aux macronutriments. http://www.hc-sc.gc.ca/fn-an/nutrition/reference/table/ref_macronutr_tbl-fra.php (consulté le 9 juin 2016).
  3. Santé Canada. Fichier canadien sur les éléments nutritifs (FCÉN). https://aliments-nutrition.canada.ca/cnf-fce/index-fra.jsp (consulté le 9 juin 2016).
  4. OPDQ. Manuel de nutrition clinique- Végétarisme. http://opdq.org/mnc/vegetarisme/ (consulté le 10 juin 2016)

 

Nutrition

Un bébé végétalien, est-ce possible?

On me demande fréquemment si un bébé peut être végétalien et en bonne santé. Souvent, même si les parents sont convaincus des bienfaits d’une alimentation sans produits d’origine animale, ils demeurent tout de même un peu inquiets des carences que cela pourrait engendrer chez leur poupon. Leur désarroi est compréhensible : d’une part, il manque de ressources fiables sur l’alimentation végétalienne chez les nourrissons et les tout-petits, d’autre part tout le monde s’alarme lorsqu’ils apprennent qu’un enfant ne boit pas de lait de vache. Pris entre grand-maman qui insiste sur le fait que le lait est essentiel à la croissance, le pédiatre qui énumère tous les risques auxquels l’enfant est exposé s’il ne consomme pas de viande ni de lait et leurs valeurs personnelles, les parents remettent en doute leur décision.

Il est vrai qu’un enfant végétalien est à risque de certaines carences si son alimentation est mal équilibrée. Toutefois, cela est vrai aussi chez un enfant omnivore. À moins d’avoir des conditions médicales particulières, tous peuvent adopter le végétalisme et être en santé incluant les nourrissons et les tout-petits.

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Partir du bon pied

Un bon état nutritionnel se bâtit très tôt. Il est primordial qu’une future maman comble tous ses besoins pour assurer une bonne santé chez le bébé à venir. Certaines carences durant la grossesse, telle que la carence en vitamine B12 peut s’avérer très dangereuse pour le fœtus. Toutefois, avec un bon suivi, un régime équilibré et une prise adéquate de suppléments, une grossesse végétalienne est tout à fait sécuritaire.

Dès la naissance, l’allaitement demeure le choix idéal pour nourrir bébé. Si pour une raison quelconque l’allaitement n’est pas possible, la seule option végétalienne disponible au Québec est la formule pour nourrisson à base de soya. Plusieurs marques populaires de formule pour nourrisson offrent cette option. Dans le cas d’une intolérance au soya, il n’y a malheureusement pas d’autres laits disponibles.

Les laits végétaux

Le lait maternel ou la formule à base de soya sont adéquats pour le nourrisson jusqu’à l’âge de 2 ans. En fait, l’allaitement maternel est adéquat tant et aussi longtemps que la mère et le bébé le souhaitent. Cependant, dès l’âge de 1 an, la boisson de soya enrichie (version originale) peut être introduite. D’un point de vue strictement nutritionnel, cette boisson équivaut au lait de vache 2 %. Comme elle est un peu moins riche en matières grasses, il est important d’inclure de bonnes sources de gras telles que l’huile d’olive, l’avocat et les noix dans l’alimentation de l’enfant. Les autres laits végétaux ne sont pas assez riches en énergie, en protéines et en gras pour combler les besoins des tout-petits. Ils peuvent faire partie du menu de l’enfant, mais ne devraient pas y occuper une place trop importante.

Dans le cas d’une intolérance ou une allergie au soya, il est possible de combler les besoins du petit sans cette boisson. Il demeure toutefois important de consulter un nutritionniste afin d’ajuster l’alimentation de l’enfant en conséquence.

Après l’âge de 2 ans, les boissons d’amande, de lin, de coco, de chanvre et de riz peuvent convenir. Par contre, chez un enfant qui présente une croissance non optimale ou un faible appétit, il peut s’avérer nécessaire de garder un lait végétal plus riche dans son alimentation. Peu importe le lait végétal choisi, il convient d’opter pour les marques enrichies où le calcium, la vitamine D et la vitamine B12 ont été ajoutés. Les boissons maison ne devraient pas remplacer leur version commerciale, car elles ne sont pas fortifiées.

Pour en connaître plus sur la valeur nutritive des différents laits végétaux, je vous invite à consulter l’article    « À chacun son lait » sur Les chroniques d’une allergique.

Les solides

L’introduction des solides chez un bébé végétalien ne diffère pas de celle d’un bébé omnivore. Les recommandations sont les mêmes : on débute entre l’âge de 4 à 6 mois par les aliments riches en fer comme les céréales pour bébés, les légumineuses et le tofu. Par la suite, on progresse avec les légumes et les fruits. Si l’apport en lait maternel ou en formule pour nourrisson n’est pas suffisant, l’ajout d’un supplément en vitamine B12 peut s’imposer. Chez tous les bébés allaités, un supplément de vitamine D est recommandé. Les autres indications en ce qui concerne la progression des textures, la salubrité des aliments, les risques d’allergies, etc., demeurent les mêmes que chez tous les bébés. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le Mieux-vivre.

En bref

Un bébé en santé peut être végétalien sans problème si son alimentation est équilibrée et variée. Comme pour tous les enfants, il demeure primordial d’avoir un bon suivi avec un pédiatre. S’il y a d’autres inquiétudes, une consultation avec un nutritionniste peut être recommandée.

Nutrition

Le végétalisme : la désinformation dans la formation des professionnels de la santé

Je vois souvent en consultation des parents morts d’inquiétude après une visite chez le pédiatre. Après avoir appris que l’enfant suivait une diète végétalienne, le médecin alarmé s’empressait d’énumérer tous les risques de carences auxquels le petit était exposé.  Certains culpabilisent les parents en leur affirmant qu’ils mettaient leur progéniture en danger. D’autres vont jusqu’à demander aux parents s’ils faisaient partie d’une secte. Malheureusement, certaines familles vont se laisser convaincre par leur médecin et vont réintroduire des produits animaux dans leur alimentation. Ces histoires d’horreur me font faire des minis crises cardiaques.

Les médecins ne sont pas les seuls coupables. Le végétarisme et le végétalisme ont souvent mauvaise presse auprès de la plupart des professionnels de la santé, incluant les nutritionnistes. Les adeptes d’une alimentation à base de végétaux sont souvent considérés comme étant des marginaux extrémistes et à risque de carences nutritionnelles. Dans ce contexte, je peux (presque) comprendre les gens qui  vont préférer se tourner vers des spécialistes en nutrition, whatever that means, pour les guider dans leur alimentation plutôt que de consulter un nutritionniste-vendu-aux-produits-laitiers-et-à-la-viande.

Ce qui est surprenant c’est que peu de professionnels de la santé savent qu’une alimentation végétalienne bien équilibrée s’avère tout à fait adéquate. Toute personne en santé est en mesure de combler ses besoins nutritionnels avec une alimentation végétalienne, incluant les nourrissons et les tout-petits.

« La position de l’Association américaine de diététique est que les alimentations végétariennes (y compris végétaliennes) bien conçues sont bonnes pour la santé, adéquates sur le plan nutritionnel et peuvent être bénéfiques pour la prévention et le traitement de certaines maladies. Les alimentations végétariennes bien conçues sont appropriées à tous les âges de la vie, y compris pendant la grossesse, l’allaitement, la petite enfance, l’enfance et l’adolescence, ainsi que pour les sportifs [1] ».

Alors pourquoi est-ce que le milieu médical demeure-t-il si réticent face à une alimentation végétalienne? Peut-être que notre éducation représente en partie la raison de cette crainte. Je n’ai pas de formation en médecine, mais je sais que durant leurs études, les futurs docteurs n’ont que quelques heures de cours de nutrition. Il est donc tout à fait normal qu’ils ne soient pas LA référence en ce qui concerne l’alimentation. Par contre, ce qui me chicote c’est que le baccalauréat en nutrition n’aborde que très peu le végétalisme. Tout ce dont j’ai retenu sur le sujet après mes études est que le végétalisme expose les gens à des risques de carences nutritionnelles (et non ma mémoire ne me fait pas défaut, j’ai questionné des collègues et étudiants en nutrition). Comment est-ce que la formation des futurs diététistes/nutritionnistes,  les seuls professionnels de la santé reconnus par le Code des professions comme les spécialistes de la nutrition humaine et de l’alimentation peut-elle faire abstraction des conséquences d’une consommation de viande non seulement sur la santé, mais également sur l’environnement? En gros, la job d’un diététiste/nutritionniste consiste à guider la population dans l’adoption d’une saine alimentation. Par contre, qu’est-ce qui définit une saine alimentation? Pourquoi  la question éthique et environnementale de l’alimentation demeure-t-elle si peu abordée?

Le but n’est pas de partir des débats sur les lobbies de l’industrie ou dévaloriser la profession de nutritionniste. Au contraire, je suis fière d’être nutritionniste et à mon avis, ces professionnels demeurent LA référence en nutrition. Toutefois, il est primordial d’améliorer notre formation.

Heureusement, de plus en plus de médecins et de professionnels de la santé s’ouvrent au végétalisme. Je remarque (avec plaisir) un intérêt plus marqué pour l’alimentation végétarienne/végétalienne chez les étudiants en nutrition.  Les mentalités changent lentement, mais sûrement. En attendant, je me concentre à informer et à sensibiliser le plus de gens possible et à, parfois, réparer les pots cassés.

[1] American Dietetic Association, Position of the America Dietetic Association: Vegetarian Diets JADA, 2009. 109(7): p. 1266-82

 

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Fausses viandes et fauxmages, une alternative santé?

Samedi passé, c’était la 2e édition du festival végane de Montréal, un évènement que j’ai attendu avec beaucoup d’impatience et qui a eu un succès explosif (plus de 10 000). Sachant qu’environ 80 % des visiteurs n’étaient pas véganes, je suis très heureuse de constater que les gens sont de plus en plus conscientisés à diminuer leur consommation de produits d’origine animale.

Outre les conférences captivantes (un méga coup de cœur pour celle d’Élise Desaulniers) et les démos culinaires alléchantes, les visiteurs du festival avaient aussi accès aux exposants afin de découvrir de nouveaux produits véganes. Entre les produits de beauté sans cruauté et les pâtisseries végétaliennes, il y avait une quantité impressionnante de fauxmages et de fausses viandes.

Ces fauxmages et imitations de viandes gagnent en popularité auprès des végétariens et véganes, mais également auprès de la population qui tente de trouver des alternatives aux produits animaux, ce que j’encourage fortement. Par contre, j’ai remarqué que souvent on associe végétalisme à santé.  Cette association n’est pas toujours vraie. Pour obtenir la même texture et un goût semblable à la viande, le produit a été énormément transformé et il est en général assez salé. De plus, contrairement à la croyance populaire, les fauxmages ne représentent pas une source de protéines (sauf ceux qui sont à base de soya ou de noix, mais la quantité de protéines y  est très variable).

Les saucisses, imitations de croquettes de poulet, faux mozzarella sont intéressants pour les nouveaux végétariens/végétaliens/véganes qui sont en phase d’adaptation ou pour les végé qui souhaitent apporter de la variété à leurs menus. Avoir des croquettes de « poulet » ou des saucisses végétales sous la main peut être pratique pour les repas de semaine. D’un point de vue nutritionnel, ces produits avec une liste d’ingrédients interminables ne constituent peut-être pas la meilleure option pour l’alimentation au quotidien. Un végétalien qui cuisine peu et qui se contente de macaroni au fauxmage en boîte et de hot dog à la saucisse végétale aura une alimentation d’une qualité nutritionnelle moindre qu’un omnivore qui cuisine une variété d’aliments frais. Dans la même lignée, un biscuit sans beurre demeure tout aussi calorique qu’un biscuit traditionnel.

Morale de l’histoire : végé ou pas, il est toujours préférable d’avoir une alimentation la moins transformée possible et de cuisiner avec des denrées de base. Comme le mentionne Michael Pollan: « If it came from a plant, eat it; if it was made in a plant, don’t ».

Nutrition

Végé quoi?

Le végétarisme et le végétalisme ont gagné en popularité au cours des dernières années.  Plusieurs raisons peuvent amener les gens à adopter un régime alimentaire sans viande. Que les motivations soient environnementales, éthiques ou religieuses, il y a plusieurs manières de diminuer sa consommation de produits d’origine animale. Pour s’y retrouver, voici quelques définitions des régimes les plus populaires:

Omnivorisme: Régime alimentaire comportant des aliments d’origine animale et végétale.

Semi-végétarisme ou flexitarisme: Régime alimentaire végétarien qui inclut la consommation de viande à l’occasion.

Pesco-végétarisme ou pescétarisme: Régime alimentaire végétarien qui inclut la consommation de poissons et de fruits de mer.

Lacto-ovo-végétarisme: Régime alimentaire comportant des œufs, des produits laitiers, du miel ainsi que les aliments d’origine végétale.

Lacto-végétarisme: Régime alimentaire végétarien qui inclut les produits laitiers, mais qui exclut les œufs

Ovo-végétarisme: Régime alimentaire végétarien qui inclut les œufs, mais qui exclut les produits laitiers.

Végétalisme: Régime alimentaire qui exclut tout produit d’origine animale y compris les œufs, les produits laitiers et le miel.

Véganisme: Terme qui s’applique aux végétaliens qui ne consomment aucun produit animal et qui évitent aussi d’utiliser tout produit  exploitant les animaux (cuir, laine, fourrure, cire d’abeille et produits testés sur les animaux).

Quel que soit le régime alimentaire choisi, il est important de veiller à adapter la diète adéquatement à vos besoins selon votre poids, taille, âge et état de santé afin d’éviter des carences nutritionnelles (et se retrouver avec genre le scorbut).

Références

  • Végétarisme [Enligne]. http://www.larousse.fr/encyclopedie/medical/végétarisme/16882 (page consultée le 19 septembre)
  • Végétalisme [Enligne]. http://www.larousse.fr/encyclopedie/medical/végétalisme/16881 (page consultée le 19 septembre)
  • Van Winckel M, Van Velde S, De Bruyne R, Van Biervliet S. Clinical practice. Vegetarian infant and child nutrition. Eur J Pediatr (2011) 170: 1487-1494.