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Le végétalisme : la désinformation dans la formation des professionnels de la santé

Je vois souvent en consultation des parents morts d’inquiétude après une visite chez le pédiatre. Après avoir appris que l’enfant suivait une diète végétalienne, le médecin alarmé s’empressait d’énumérer tous les risques de carences auxquels le petit était exposé.  Certains culpabilisent les parents en leur affirmant qu’ils mettaient leur progéniture en danger. D’autres vont jusqu’à demander aux parents s’ils faisaient partie d’une secte. Malheureusement, certaines familles vont se laisser convaincre par leur médecin et vont réintroduire des produits animaux dans leur alimentation. Ces histoires d’horreur me font faire des minis crises cardiaques.

Les médecins ne sont pas les seuls coupables. Le végétarisme et le végétalisme ont souvent mauvaise presse auprès de la plupart des professionnels de la santé, incluant les nutritionnistes. Les adeptes d’une alimentation à base de végétaux sont souvent considérés comme étant des marginaux extrémistes et à risque de carences nutritionnelles. Dans ce contexte, je peux (presque) comprendre les gens qui  vont préférer se tourner vers des spécialistes en nutrition, whatever that means, pour les guider dans leur alimentation plutôt que de consulter un nutritionniste-vendu-aux-produits-laitiers-et-à-la-viande.

Ce qui est surprenant c’est que peu de professionnels de la santé savent qu’une alimentation végétalienne bien équilibrée s’avère tout à fait adéquate. Toute personne en santé est en mesure de combler ses besoins nutritionnels avec une alimentation végétalienne, incluant les nourrissons et les tout-petits.

« La position de l’Association américaine de diététique est que les alimentations végétariennes (y compris végétaliennes) bien conçues sont bonnes pour la santé, adéquates sur le plan nutritionnel et peuvent être bénéfiques pour la prévention et le traitement de certaines maladies. Les alimentations végétariennes bien conçues sont appropriées à tous les âges de la vie, y compris pendant la grossesse, l’allaitement, la petite enfance, l’enfance et l’adolescence, ainsi que pour les sportifs [1] ».

Alors pourquoi est-ce que le milieu médical demeure-t-il si réticent face à une alimentation végétalienne? Peut-être que notre éducation représente en partie la raison de cette crainte. Je n’ai pas de formation en médecine, mais je sais que durant leurs études, les futurs docteurs n’ont que quelques heures de cours de nutrition. Il est donc tout à fait normal qu’ils ne soient pas LA référence en ce qui concerne l’alimentation. Par contre, ce qui me chicote c’est que le baccalauréat en nutrition n’aborde que très peu le végétalisme. Tout ce dont j’ai retenu sur le sujet après mes études est que le végétalisme expose les gens à des risques de carences nutritionnelles (et non ma mémoire ne me fait pas défaut, j’ai questionné des collègues et étudiants en nutrition). Comment est-ce que la formation des futurs diététistes/nutritionnistes,  les seuls professionnels de la santé reconnus par le Code des professions comme les spécialistes de la nutrition humaine et de l’alimentation peut-elle faire abstraction des conséquences d’une consommation de viande non seulement sur la santé, mais également sur l’environnement? En gros, la job d’un diététiste/nutritionniste consiste à guider la population dans l’adoption d’une saine alimentation. Par contre, qu’est-ce qui définit une saine alimentation? Pourquoi  la question éthique et environnementale de l’alimentation demeure-t-elle si peu abordée?

Le but n’est pas de partir des débats sur les lobbies de l’industrie ou dévaloriser la profession de nutritionniste. Au contraire, je suis fière d’être nutritionniste et à mon avis, ces professionnels demeurent LA référence en nutrition. Toutefois, il est primordial d’améliorer notre formation.

Heureusement, de plus en plus de médecins et de professionnels de la santé s’ouvrent au végétalisme. Je remarque (avec plaisir) un intérêt plus marqué pour l’alimentation végétarienne/végétalienne chez les étudiants en nutrition.  Les mentalités changent lentement, mais sûrement. En attendant, je me concentre à informer et à sensibiliser le plus de gens possible et à, parfois, réparer les pots cassés.

[1] American Dietetic Association, Position of the America Dietetic Association: Vegetarian Diets JADA, 2009. 109(7): p. 1266-82

 

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Fausses viandes et fauxmages, une alternative santé?

Samedi passé, c’était la 2e édition du festival végane de Montréal, un évènement que j’ai attendu avec beaucoup d’impatience et qui a eu un succès explosif (plus de 10 000). Sachant qu’environ 80 % des visiteurs n’étaient pas véganes, je suis très heureuse de constater que les gens sont de plus en plus conscientisés à diminuer leur consommation de produits d’origine animale.

Outre les conférences captivantes (un méga coup de cœur pour celle d’Élise Desaulniers) et les démos culinaires alléchantes, les visiteurs du festival avaient aussi accès aux exposants afin de découvrir de nouveaux produits véganes. Entre les produits de beauté sans cruauté et les pâtisseries végétaliennes, il y avait une quantité impressionnante de fauxmages et de fausses viandes.

Ces fauxmages et imitations de viandes gagnent en popularité auprès des végétariens et véganes, mais également auprès de la population qui tente de trouver des alternatives aux produits animaux, ce que j’encourage fortement. Par contre, j’ai remarqué que souvent on associe végétalisme à santé.  Cette association n’est pas toujours vraie. Pour obtenir la même texture et un goût semblable à la viande, le produit a été énormément transformé et il est en général assez salé. De plus, contrairement à la croyance populaire, les fauxmages ne représentent pas une source de protéines (sauf ceux qui sont à base de soya ou de noix, mais la quantité de protéines y  est très variable).

Les saucisses, imitations de croquettes de poulet, faux mozzarella sont intéressants pour les nouveaux végétariens/végétaliens/véganes qui sont en phase d’adaptation ou pour les végé qui souhaitent apporter de la variété à leurs menus. Avoir des croquettes de « poulet » ou des saucisses végétales sous la main peut être pratique pour les repas de semaine. D’un point de vue nutritionnel, ces produits avec une liste d’ingrédients interminables ne constituent peut-être pas la meilleure option pour l’alimentation au quotidien. Un végétalien qui cuisine peu et qui se contente de macaroni au fauxmage en boîte et de hot dog à la saucisse végétale aura une alimentation d’une qualité nutritionnelle moindre qu’un omnivore qui cuisine une variété d’aliments frais. Dans la même lignée, un biscuit sans beurre demeure tout aussi calorique qu’un biscuit traditionnel.

Morale de l’histoire : végé ou pas, il est toujours préférable d’avoir une alimentation la moins transformée possible et de cuisiner avec des denrées de base. Comme le mentionne Michael Pollan: « If it came from a plant, eat it; if it was made in a plant, don’t ».

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Végé quoi?

Le végétarisme et le végétalisme ont gagné en popularité au cours des dernières années.  Plusieurs raisons peuvent amener les gens à adopter un régime alimentaire sans viande. Que les motivations soient environnementales, éthiques ou religieuses, il y a plusieurs manières de diminuer sa consommation de produits d’origine animale. Pour s’y retrouver, voici quelques définitions des régimes les plus populaires:

Omnivorisme: Régime alimentaire comportant des aliments d’origine animale et végétale.

Semi-végétarisme ou flexitarisme: Régime alimentaire végétarien qui inclut la consommation de viande à l’occasion.

Pesco-végétarisme ou pescétarisme: Régime alimentaire végétarien qui inclut la consommation de poissons et de fruits de mer.

Lacto-ovo-végétarisme: Régime alimentaire comportant des œufs, des produits laitiers, du miel ainsi que les aliments d’origine végétale.

Lacto-végétarisme: Régime alimentaire végétarien qui inclut les produits laitiers, mais qui exclut les œufs

Ovo-végétarisme: Régime alimentaire végétarien qui inclut les œufs, mais qui exclut les produits laitiers.

Végétalisme: Régime alimentaire qui exclut tout produit d’origine animale y compris les œufs, les produits laitiers et le miel.

Véganisme: Terme qui s’applique aux végétaliens qui ne consomment aucun produit animal et qui évitent aussi d’utiliser tout produit  exploitant les animaux (cuir, laine, fourrure, cire d’abeille et produits testés sur les animaux).

Quel que soit le régime alimentaire choisi, il est important de veiller à adapter la diète adéquatement à vos besoins selon votre poids, taille, âge et état de santé afin d’éviter des carences nutritionnelles (et se retrouver avec genre le scorbut).

Références

  • Végétarisme [Enligne]. http://www.larousse.fr/encyclopedie/medical/végétarisme/16882 (page consultée le 19 septembre)
  • Végétalisme [Enligne]. http://www.larousse.fr/encyclopedie/medical/végétalisme/16881 (page consultée le 19 septembre)
  • Van Winckel M, Van Velde S, De Bruyne R, Van Biervliet S. Clinical practice. Vegetarian infant and child nutrition. Eur J Pediatr (2011) 170: 1487-1494.